Prendre l’ascenseur pour atterrir à plus de 1 600 mètres sous la surface ? Pour ces scientifiques, ce n’est pas une lubie souterraine, mais bien une aventure à la frontière du connu. Que cherchent-ils vraiment au fond du Dakota du Sud ? La réponse a de quoi secouer même le plus stoïque des curieux.
La traque de l’indétectable : à la poursuite de la matière noire
Au cœur de la roche, loin des rayons cosmiques familiers en surface, se cache un rêve de physicien : percer le secret de la matière noire. Cette matière, mystère invisible qui compose la majeure partie de la masse du cosmos (rien que ça !), agace et fascine à parts égales. Elle façonne les galaxies, maintient le squelette de notre univers… mais impossible de la voir ou de la capturer en laboratoire. Voilà des décennies que la communauté scientifique se creuse la tête, armée de patience.
Pour relever ce défi digne d’un scénario de science-fiction, plus de 250 scientifiques issus de 38 institutions et répartis dans six pays unissent leurs efforts autour du projet LUX-ZEPLIN (LZ). Niché au Sanford Underground Research Facility, LZ s’est forgé la réputation de détecteur le plus sensible au monde. Son obsession ? Retracer la piste des WIMPs (Weakly Interacting Massive Particles), ces particules hypothétiques qui pourraient bel et bien composer la fameuse matière noire.
À quoi ressemble le détecteur LUX-ZEPLIN ?
Oubliez le stéréotype du labo poussiéreux : LZ, c’est plutôt du genre high-tech en mode bunker. Au centre de l’expérience, deux chambres en titane blindé contiennent dix tonnes de xénon liquide ultrapure dans un silence radioactif quasi parfait. Le principe ? Guetter le moindre éclat de lumière trahissant le passage discret d’une WIMP en collision avec un atome de xénon. Autour, un détecteur externe baigne dans un liquide scintillant enrichi en gadolinium, histoire de faire la part entre les signaux sérieux et les faux positifs qui rêveraient de semer la pagaille.
- Enfoui sous terre ? Oui, pour s’isoler du rayonnement de fond.
- Composé de milliers d’éléments à faible radioactivité ? Oui aussi, pour minimiser tout risque de « bruit » naturel de l’environnement.
- Des couches s’empilant comme les vêtements d’hiver pour bloquer le rayonnement et repérer les imitations de matière noire ? Évidemment !
Mais les vrais ennemis se cachent ailleurs : les neutrons, ces particules subatomiques universelles, sont sélectionnées rigoureusement pour éviter toute confusion avec de potentielles WIMPs. Là encore, des scientifiques de l’UC Santa Barbara jouent un rôle clé en peaufinant le détecteur externe, car une fausse détection serait, disons-le, l’équivalent scientifique d’une mauvaise blague.
Expérience, finesse et méthode « salting »
Depuis 2021, l’équipe du projet examine sans relâche les données recueillies : d’abord 60 jours, puis 220 jours supplémentaires entre mars 2023 et avril 2024, totalisant 280 jours d’observation. C’est la longue traque, pas à pas, une opération où chaque photon compte. L’objectif ? Atteindre 1 000 jours d’ici 2028 !
Comment éviter de crier victoire trop tôt ? Grâce à la méthode ingénieuse du « salting »: pendant l’acquisition des données, de faux signaux de WIMPs sont introduits sans prévenir l’équipe. Ce n’est qu’à la fin, une fois « désalinisées », qu’on découvre si une détection était véritable ou malicieusement factice. De quoi garder un esprit critique aiguisé, même au fond d’une caverne scientifique.
Comme le résume Scott Haselschwardt, coordinateur de l’étude : « Lorsque l’on travaille à la limite du savoir, il est essentiel de garder son objectivité. » On ne saurait mieux dire !
Résultats et ce que l’avenir réserve
Le LZ ne se contente pas de collectionner des journées d’observation : ses récentes analyses permettent déjà de resserrer l’étau autour de la nature des WIMPs, écartant des modèles fantaisistes de l’univers, et orientant la recherche avec précision. Et, cerise sur le détecteur, le dispositif pourrait aussi observer des phénomènes rares comme les neutrinos solaires ou certaines désintégrations d’isotopes de xénon – efficaces pour élargir le champ de la physique, même sans matière noire à l’horizon immédiat.
Côté horizon justement, les équipes planchent déjà sur la version XLZD, qui promet d’être encore plus… sensationnelle. L’humanité pourrait alors se rapprocher un peu plus du secret de la matière noire, même si la réponse continue, pour l’instant, à jouer à cache-cache…
Conseil du jour : la prochaine fois que vous cherchez vos clés, pensez à la persévérance de ces chercheurs qui, eux, osent chercher l’impossible à 1 600 mètres sous terre… Et qui sait ? Leur ténacité pourrait bien, un jour, illuminer notre compréhension de l’univers.

Passionnée d’écologie, Margaux partage sur Bbamboo ses conseils pratiques pour un mode de vie plus respectueux de l’environnement. Elle décrypte les enjeux climatiques actuels et propose des solutions concrètes accessibles à tous. Margaux accompagne les lecteurs dans leur transition écologique avec expertise et bienveillance.

